Jacques Dutronc.
Un jardin ? non, un peu de sérieux, un jardin et immédiatement ça sonne travail, terre et sable sous les ongles et puis faut se baisser, t'as vu le poids d'une fourchettée de terre arable ? mouillée de surcroît !
Un jardin ? tu m'amuses... la boue, les saloperies de limaces, les pucerons, les vers de terre, biner, planter, séparer, sarcler encore sarcler toujours sarcler, arroser tous les jours oui, mais pas trop et bien au pied du plan, être patient, laisser pousser et quand t'as les tomates, t'es parti en voyage !!
Un beau jardin à visiter oui, chez les autres un jardin public luxuriant oui, évidemment avec son cours d'eau, un carré potager un truc qui a de l'allure, bien sûr.
Chez nous ce qui nous intéresse c'est la notion de terrain, d'espace, d'éloignement des "autres" Nous sommes installés ici, au milieu d'un lotissement d'une banalité toute banale. J'étais seul lorsqu'il y a dix ans j'ai visité cette maison... en arrivant dans le lotissement j'ai fait la moue et dit à l'agente immobiliere que ça ne nous conviendrai pas, que ce n'était pas la peine d'aller plus loin !
La professionnelle à eu les bons mots, "accordez-moi une demi-heure" "faites-moi confiance"
Deux jours plus tard c'était signé, après une visite approfondie avec la femme que j'aime bien évidemment.
La maison ? 100 mètres carrés construits depuis une décennie. Aucun charme en particulier mais nous avons saisi le potentiel, ouvert de grandes baies vitrées, bougé trois cloisons (du placo hein, du placo) Une cuisine, une salle d'eau, un deuxième chioton, une vraie entrée fermée, basta.
Non, c'est le site qui nous a donné le déclic, l'emplacement de notre terrain dans ce lotissement sans âme ! Situés en fond d'une "raquette" de trois maisons, aucun vis à vis, c'est à dire aucun vis à vis : Ouest/Sud Ouest une forêt "usagère" de deux kilomètres de profondeur* entre la-dite forêt de pins maritimes et nous une voie forestière sablée qui nous emmène au port ostréicole (2 kms)
Plein Sud un terrain communal de 30 à 35 mètres de large communal, non constructible nous éloigne d'une maison invisible depuis chez nous. Plein Est un grand terrain privé nous sépare de l'accès à la rue, il est constructible mais gros soucis d'indivision, famille éclatée, il sera construit... un jour.
Au Nord (il y avait les corons) le dos d'une maison, merci les Dieux de l'aménagement, la piscine est de l'autre coté de la maison, encore merci, les Gârs. une haie imposante de deux mètres d'épaisseur et de part et d'autre et la hauteur est sans limite, merci les Dieux de l'aménagement et les filles qui aiment la végétation, merci encore.
Oui, nous aurions préféré une exposition Est-Ouest mais il en est ainsi.
Sur le terrain des arbustes et des arbres... que des arbres, lorsqu'on est arrivé c'est ce qui nous a séduits immédiatement, la seule maison du quartier qu'on ne voit pas depuis la route puisque noyée dans les arbres... très agréable.
2 bouleaux, 1 olivier vénérable, 1 Albizia qui nous pose souci ce con, 1 superbe érable (les deux nous apportent de la fraicheur sur notre petite terrasse à l'Est pour les déjeuners d'été) 1 Chêne vénérable, 1 Saule qui souffre) et partout ailleurs des Arbousiers (le truc local qui pousse dans les dunes, à la dure)
Des rouge-gorge l'hiver, deux couples de Merles, plusieurs couples de Tourterelles, des fourmis, beaucoup de lézards sur la terrasse, un peu de souris, beaucoup d'araignées, trop peu de papillons, quelques pies, au début du printemps et à la fin de l'automne des vols bruyants de Bernaches là-haut dans le ciel.
Pas de jardin, un chouette terrain qui nous va bien. Sinon j'écoute assez régulièrement "le petit jardin" de Jacques Dutronc.
* "usagère" C'est à dire qu'elle a été plantée par un exploitant forestier, les Pins sont mâtures et un jour ou l'autre nous nous attendons à entendre les engins de coupe et là, ce sera très moche pour 5 à 7 ans.
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